Leur dette, notre démocratie !

Leur dette, notre démocratie !, par Attac
Les liens qui libèrent, 2013, 152 p., 9 euros.

Denis Clerc

L'un des éléments clés qui permet de faire société, c'est… la dette. Parce qu'elle crée un lien, "la dette est l'autre dénomination de la solidarité sociale et du sentiment d'appartenance à un monde commun". Ce que les uns reçoivent - sous forme d'éducation, par exemple -, ils ne le remboursent à personne, mais le rendent à la société pour que les nouveaux arrivants, à leur tour, en profitent. Il en est de même pour la dette écologique : nous devons transmettre la terre et ses ressources reçues des générations antérieures aux générations à venir. La dette sociale ainsi que la dette écologique sont donc perpétuelles et collectives ; elles constituent le ciment des sociétés parce qu'elles sont au fondement des droits et des obligations de tous. Au contraire de la dette privée, dont le propriétaire exige le remboursement, qu'elles qu'en soient les conséquences : la seule règle est d'être quitte.

Au lieu d'approfondir cette voie stimulante et novatrice, les auteurs bifurquent alors sur le terrain plus classique de la dette publique (qui a résulté de la manipulation des citoyens par les "experts" et les médias). Elle sert de paravent à la remise en cause du "modèle social européen". Il est donc urgent d'inventer de nouvelles formes de démocratie "par le bas", dont les auteurs décrivent les contours possibles. Avouons-le, cette bifurcation ne nous a semblé ni pertinente ni convaincante.

Leur dette, notre démocratie !, par Attac
Les liens qui libèrent, 2013, 152 p., 9 euros.

Articles/Leur dette, notre démocratie ! ( n°105 )