Vive la banqueroute ! Comment la France a réglé ses dettes de Philippe Le Bel à Raymond Poincaré (en passant par Sully, Colbert, Talleyrand, etc.)

Vive la banqueroute ! Comment la France a réglé ses dettes de Philippe Le Bel à Raymond Poincaré (en passant par Sully, Colbert, Talleyrand, etc.), par Thomas Morel et François Ruffin (dir.)
Fakir éditions, 2013, 134 p., 6 euros.

Gilles Raveaud

Saviez-vous que la dette de l'Etat français, estimée à… 270 % du produit intérieur brut (PIB) en 1944, avait été ramenée à 33 % de la richesse nationale en 1952, grâce à la magie de la fée inflation ? Que Raymond Poincaré, le "sauveur du franc", avait effacé 80 % de l'ardoise de l'Etat de l'époque en dévaluant d'autant la monnaie nationale en 1928 ? Que Robespierre était tombé pour avoir défendu les rentiers ?

Henri II, Sully, Mazarin…, tous ont utilisé des subterfuges divers pour faire banqueroute ou, du moins, ne pas payer la totalité des dettes du pouvoir. Il faut dire que, du côté des prêteurs, on ne manque pas d'imagination. Ainsi, quand Louis XV supprime les "rentes éternelles", les investisseurs obtiennent que les rentes viagères, qui s'éteignent avec le créditeur, puissent être assurées sur la vie d'un tiers. Les investisseurs vont alors aller choisir les "immortelles de Genève", ces 30 jeunes filles choisies en raison de leur longévité supposée…

L'ouvrage, qui relate dix histoires de banqueroute, regorge d'anecdotes sur la violence du pouvoir et les subtilités de la monnaie. En conclusion, Frédéric Lordon appelle à "acclimater l'idée du défaut" et à prévoir la "nationalisation intégrale" des institutions financières. Un livre d'éducation du citoyen à la dette, qui prouve que pour imaginer un meilleur futur, rien de tel que de connaître le passé.

Vive la banqueroute ! Comment la France a réglé ses dettes de Philippe Le Bel à Raymond Poincaré (en passant par Sully, Colbert, Talleyrand, etc.), par Thomas Morel et François Ruffin (dir.)
Fakir éditions, 2013, 134 p., 6 euros.

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